Rubrique fatwa (Avis légal)

 

Au nom d’Allah le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux.

 

Réponses du Professeur Mohamed Kharchafi

Question n°1 :

Tenant compte des doses médicinales qui varient selon le degré de gravité de la maladie, peut-on par conséquent parler, Professeur, de différentes « doses spirituelles » en guise de thérapie par la récitation du Noble Coran ? Autrement dit, y a-t-il un minimum de récitation pour que l’effet soit réellement efficace ? Que Dieu vous récompense !

Réponse :

Le recours à Allah, à lui la Puissance et la Gloire, n’apporte que du bien. Quant aux doses spirituelles pour ainsi dire, cela dépend du malade, de la nature de la maladie, de la force de la certitude et de la force de l’attachement à Allah, Gloire à Lui. Pour ce qui est des maladies déclarées incurables qui ont réduit certains médecins au désespoir, la « Victoire éclatante » ou le « Puissant secours » thérapeutique vient de la part d’Allah, Exalté soit-Il, selon les points suivants : le patient, le genre de la maladie, la relation du patient avec son Seigneur, le degré de sa confiance dans son Seigneur et de son attachement à Lui…

 

Question n°2 :

Est-ce qu’il y a des particularités thérapeutiques de certaines Sourates du Noble Coran? Autrement dit, Est-il conseillé de réciter fréquemment certaines Sourates beaucoup plus que d’autres ?

Réponse :

C’est à Allah, Exalté soit-Il, qu’appartiennent, sans aucun doute les noms les plus beaux. Les savants ont indiqué que le malade invoque Allah en disant : Ô Très-Miséricordieux, Tout Miséricordieux; l’affligé : Ô Secoureur par excellence [Yà Ghâyat] et, enfin, le pauvre en demandant d’une façon abondante, pardon de ses fautes à Allah et en disant: Ô Riche par excellence, Ô Généreux… Il va de même des Sourates et des versets du Noble Coran, mais il convient de rechercher à ce propos ce qu’a été confirmé par les hadiths du Prophète, que la Paix et la Bénédiction d’Allah soit sur lui, telle que la récitation de la Sourate Al-Baqara qui chasse les esprits rebelles et les diables de la maison pour trois jours, du verset 255 de la même Sourate (verset du Kursy), de la Sourate 112 (Al-Ikhlas : le Monothéisme Pur), de la Sourate 113 (Al-Falaq : l’Aube naissante) et de la Sourate 114 (An-Nas : les Hommes).

 

Question n°3 :

Professeur Kharchafi, quelles sont les meilleures méthodes de la thérapie par le Noble Coran pour ceux qui ne connaissent pas la langue arabe ?

Réponse :

Celui qui ignore la langue arabe est appelé à lire les [meilleures] traductions du Noble Coran. Il s’agit ici d’une question de prédication ; il faut connaître la Vérité pour y recourir. Dans ce cas précis, la pierre angulaire dans la thérapie par le Noble Coran, elle réside dans l’écoute fréquente du Coran récité par d’excellents récitants dont la récitation remplit en fait les conditions suivantes : les règles de la récitation distincte [tajwid], la douceur de la voix et la bonne façon.

 

Question n°4 :

Il s’est avéré d’après la tradition authentique du Prophète, que la Paix et la Bénédiction d’Allah soit sur lui, que le mauvais œil est vérité. Est-ce que cela peut effectivement entraîner la mort ?

Réponse :

Le mauvais œil est vérité : il anéantit les cités et remplit les tombeaux. Pour le traitement du mauvais œil, le hadith de l’ablution (Ightissal) est célèbre. En cas d’un quelconque empêchement, que cette personne s’attache donc à ce qui est confirmé des invocations du matin et du soir et qu’elle ne faiblisse pas dans l’invocation…

 

Question n°5 :

Quelles sont, Porfesseur, les dispositions que prévoit l’Islam en matière de prière pour le mort dans le cas d’une personne qui s’est suicidée ?

Réponse :

Au Jour de la Résurrection, Allah, à lui la Puissance et la Gloire, ressuscite le suicidé de la même façon par laquelle il s’est tué : celui qui a bu un poison dans la vie d’ici-bas, Allah, à lui la Puissance et la Gloire, le ressuscite buvant du poison. Celui qui se jette du haut d’une montagne, Allah, à lui la Puissance et la Gloire, le ressuscite de cette manière… Quant à son lavement et la prière sur lui, ils sont accomplis de la même façon que pour les autres musulmans, parce que la règle chez les musulmans orthodoxes et la Communauté est qu’aucune personne n’est accusée d’impiété pour un péché commis du moment où elle atteste que « Point de divinité à part Allah et que Mohamed est le Messager d’Allah ». Elle fait de la sorte partie des gens de la qibla sur qui la prière est dite. Pour ce qui est du Jour de la Résurrection, le suicidé est remis à la volonté [d’Allah] : s’Il veut le châtie ou lui pardonne. A Lui donc de le traiter avec Son Équité : le châtie puis lui pardonne ou lui pardonne comme si rien n’était. Pour cela, s’il meurt en attestant que « Point de divinité à part Allah », elle sera au terme de son parcours parmi les habitants du paradis.

 

Question n°6 :

Est-il permis au musulman d’ordonner dans son testament de mettre fin à sa vie par assistance médicale au cas d’une maladie qui réduit les médecins au désespoir ? Ceci n’est-il pas une forme de suicide ?

Réponse :

Il n’est pas permis au musulman d’ordonner dans son testament de mettre fin à sa vie, même si la maladie s’est aggravée et a réduit les médecins au désespoir. S’il passe à l’exécution, cela veut dire qu’il n’a pas accepté l’arrêt divin et on le considère comme suicidé.

 

Question n°7 :

Si le malade devient, dans certains cas, incapable de faire son ablution [Wudu’]ou de recourir à une terre pure [Tayammum], peut-il se faire assister ?

Réponse :

La règle dans la législation est que l’obligation tombe pour le malade à mesure qu’il ne peut pas la faire : celui qui ne peut pas se lever dans la prière, l’obligation de se lever tombe pour lui…mais les autres obligations ne tombent pas… Celui qui n’est pas en mesure de faire seul son ablution, peut se faire assister par une tierce personne. Il en est ainsi pour le Tayammum.

 

Question n°8 :

Quel jugement à appliquer à quiconque qui se complaît à regarder des filles ne portant pas l’habit légal avec la tentation de leur adresser la parole ?

Réponse :

En réponse à cette question, il est formellement interdit en vertu du verset 30 de la Sourate An-Nur (la Lumière): « Dis aux croyants de baisser leurs regards »…Cela est en tout cas illicite.
Dans un Hadith rapporté par Jarir, celui-ci dit : « J’ai demandé au Prophète (pbAsl) au sujet du regard subit. Il m’a ordonné de l’éviter » ;
Il est rapporté que Cha’bi a dit : « Dis aux Croyants de baisser leurs regards », je lui demande : « l’homme regarde la femme sans toutefois en voir quelque chose d’illicite », il m’a répondu : « Et qu’as-tu à la suivre de tes yeux? » ;
Dans un hadith attribué à Bouraida, le Prophète (pbAsl) a dit à Ali : « N’ajoute pas de ton regard, tu en a le premier et point le second » ;
Dans un autre hadith, Moussa el-Jahani dit avoir été sur la route avec Saïd ben Joubeir lorsqu’une femme nous croisa, nous la regardâmes tous les deux. Il ajoute que Saïd baissa ses yeux, quant à moi, je la regardai, et Saïd me fît : le premier regard est à toi, mais le second est contre toi (au sens de pêché encouru) ;
D’après Daoud ben Abu-Hind, un homme a dit à Ibn Sirine: je me trouvais sur mon chemin en m’orientant face à la Qibla (la Mecque), pourrais-je avoir d’une femme le premier regard puis l’en détourner ?, il répondit : Ne lis-tu pas le Coran « Dis aux croyants de baisser leurs regards », « Il (Allah) connaît la trahison des yeux, tout comme ce que les poitrines cachent»(Sourate.40 Gafir: 19). Il existe plus d’un texte à ce propos.



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